lundi 24 février 2014

"It's ok, we all have hard sex every night anyway."

Isabelle et moi, insouciantes de la upcoming marde.
En 2013, alors que j’étais encore fringante et frivole du haut de mes 19 ans, j’ai pris conscience que la prochaine grande étape pour moi serait le cap de la vingtaine, ce qui voulait dire que j’allais pénétrer dans la plus belle phase de ma vie, pis c’est le genre d’étape qui est l’fun à avoir loin devant soi, parce que ça signifie qu’après cette décennie, la vie devient comme une longue période réfractaire post-orgasmique, pis c’est pas tant nice comme image des 70 années ultérieures. Je me suis dit que la dernière chose que j’allais vouloir sur mon lit de mort, c’est un vague souvenir d’avoir frôlé cet orgasme qu’est la vingtaine et que les préliminaires devaient donc s’achever là-là.

5 mois plus tard, je traînais mon backpack en Europe avec Étienne et Isabelle, deux potes de longue date. On a décidé d’y aller ben freestyle, de planifier au jour le jour et de ne faire aucune réservation d’avance parce que les préliminaires sont finis j’ai dit. On est arrivé un après-midi à San Sebastian, une petite ville dont tu passes d’une extrémité à l’autre en 45 minutes à pieds, en Espagne. On a trouvé l’office touristique et on a demandé une chambre dans l’auberge la plus centrale, la plus jeune et la plus cheap.

On a commencé par tracer une croix sur la centralité de notre futur logis quand on a pris notre deuxième autobus pour s’y rendre. Mais bon, vu la superficie de la ville, on allait pas hyperventiler pour une trentaine de minutes de marche. On a toutefois entrepris de déchanter pour de vrai quand on a constaté que la porte de l’auberge était en fait un passage vers un autre monde où la vie est un perpétuel party de tricot de l’âge d’or. L’âge qui dort. On s’est officiellement fait révoquer le droit à notre jeunesse en apprenant l’existence du couvre-feu à 2h du matin, dans cette ville où les festivités commencent à peine à slacker vers 6h. On a voulu prendre possession de la chambre qu’on avait réservée, mais on s’est heurté à la chasteté d’un réceptionniste unilingue-pas-d’une-langue-qu’on-parle qui tentait désespérément de nous faire comprendre que le lit double de notre chambre était à l’usage exclusif des gens dont l'état matrimonial leur autorise l’échange de fluides corporels. On l’a convaincu de nous donner notre clé à grands coups de « it’s ok, we all have hard sex every night anyway ».

On a vécu notre première soirée espagnole ce soir-là. Étienne est parti se coucher avant le couvre-feu. Isabelle et moi on a décidé que l’âge qui dort se réveillerait à notre retour cette nuit-là, parce qu’on avait pas l’intention de couvrir aucun feu. J’ai mangé des tapas comme si ma vie en dépendait, j’ai dansé comme si personne me regardait, j’ai bu des kalimotxos comme si mon foie s’en crissait, j’ai frenché en espagnol comme si je comprenais et j’suis partie à 5h30 parce que c’était ben assez là.

On est sortie du club en titubant de fatigue et de kalimotxos, sous un ciel qui nous tombait allègrement sur la tête. On a atteint la terre du troisième âge à la nage sous la pire averse du monde. Devant la porte barrée à l’épreuve des petites jeunesses frivoles que nous étions, on a eu l’idée de FaceTimer Étienne pour qu’il vienne nous ouvrir, mais le mur qui nous séparait du monde des dormeurs nous refusait tout accès à Internet. Désespérées que nous étions, nous sommes allées jusqu'à procéder à un petit interurbain à Québec pour demander à un ami de FaceTimer Étienne, qui était apparemment beaucoup trop absorbé dans son party de l'âge qui dort pour se soucier du reste du monde.

C’est à ce moment que surgirent trois amas de testostérones français apparemment très motivés à former une alliance France-Québec dans leur chambre pour le reste de la nuit. Tandis qu’ils tentaient de nous vendre leurs vertus coups de bassin, je m’affairais à mettre en pratique cette technique que m’ont appris mes dures années de thug life dans les rues de Cap-Rouge : la bobépine dans serrure.

Deux défuntes bobépines et une pneumonie plus tard, je me suis rendue à l’évidence que ma carrière de break in était prodigieusement mal partie et la seule option qui nous restait, outre remettre notre hymen aux bons soins de la France sous la pluie battante, était de varger sur la porte jusqu’à réveiller l’âge qui dort afin qu’ils incluent à leur party deux membres de l’âge qui souhaiterait dormir. Au bout de 45 minutes, notre salut s’est dessiné dans le hall en boxer et pantoufles. Le réceptionniste chaste. Chastement fâché dans une langue qu’on parle pas. Obscènement attendri par nos yeux du chat dans Shrek.

« Girls, ok. Boys, outside. »

On a dit adieu à nos potentiels lifts vers le 7e ciel tandis que la porte se refermait sur le monde des gens qui ne dormiront jamais. Je me suis glissée dans mon sleeping en grelotant et en songeant que je m’appelle Alexandra, j’ai 20 ans et ma vie est un orgasme.

mardi 18 février 2014

Tartare de poulet farci pour les mamies


Il est 2h du matin pis je dors pas mais c’est vraiment pas ça le punch de l’histoire. C’est pas un fait vraiment digne d’intérêt, parce que depuis que je vole de mes propres ailes en terme de gestion de mes nuits, j’ai un horaire de sommeil qui choque beaucoup de mamies pis j’aime ça. Mais aujourd’hui je m’étais dit que j’avais envie de me réconcilier avec les mamies fâchées et me coucher tôt.

Comme ma passion est de ne tenir aucune de mes résolutions, juste avant de me coucher à minuit, j’ai eu le goût d’une petite portion de poulet farci. C’était exactement comme toi, quand il te prend la brusque envie d’une petite portion de poulet farci à une heure indécente, you know how it is. Il paraît que c’était une décision irréfléchie mais je n’ai d’estime assez élevée envers l’opinion de personne pour lui laisser me dicter l’heure à laquelle consommer ma petite portion de poulet farci. J’ai donc fait cuire mon snack juste assez longtemps pour que mon absence de notion du temps s’entende avec le lac dans ma bouche pour trouver ça raisonnable et je l’ai englouti en songeant avec brûlante passion que chaque bouchée était une aventure follement excitante dans le monde du fromage fondu, des épinards et des caquètements de bonheur de tous ces petits poulets heureux de savoir que leur vie s’achèvera dans un bain de sang au profit de moi-même et mes plaisirs gustatifs pis fuck man, du poulet cuit c’est pas supposé faire swik-swik entre les dents.

Je pourrais pas confirmer si c’est psychosomatique, mais me semblait aussi que y’avait un petit arrière-goût de salmonelle dans mon tartare de poulet. Tsé le genre de petit goût que tu remarques pas tout de suite mais que quand tu t’y attardes, il te fait bien comprendre que tu viens de t’embarquer sur une job de vidage de ton intérieur par tous tes orifices pour les 72 prochaines heures. Y’a rien que tu puisses y faire, à part profiter du fait de posséder un intérieur en attendant que ça commence.

Ce qui arrive dans vie, c’est que quand j’avais 3 ans, je m’étais réveillée une nuit pour déguster un petit beigne nature que je trouvais pas tant bon, parce que les choses natures en général on s’entend que tsé, mais quand j’ai ben faim j’pas trop regardante sur ces affaires-là. Je me souviens pas de la suite de l’histoire mais on m’a raconté que cette nuit-là, je me suis réveillée la face dans une marre de smoothie de petit beigne nature pas tant bon. C’était une marée montante apparemment, puisque ça aurait continué de se propager sur le plancher en tapis, sous une exclamation de découragement de Maman qui voyait ses jours heureux transformés en corvée de torchage de vomi de tapis. Dur d’expliquer ce que cette exclamation totalement légitime a chamboulé dans mon inconscient, mais la marée n’est jamais remontée en 17 ans.

Le vomi ne me fait pas peur, ça me phobifise. Je me sentirais aussi bien après avoir vomi ma salmonelle qu’après un p’tit coup de 12 dans le cerveau pour guérir un mal de tête. Si t’as mal au cœur devant moi, ça se peut que je sois plus ton amie pour un bout. Si tu choisis de dégobiller en ma présence, c’est que t’es confortable avec la notion de mottons dans les cheveux. Le temps que tu gerbes, tu ne fais plus partie de ma vie. Ça revient là, inquiète-toi pas. Brosse-toi les dents après et je serai pas rancunière, je te jure.

Fak là j’ai un poulet presque vivant en moi pis je trippe pas tant. Je le sens qu’il a le goût de pas être là aussi. Je le dis pas à personne parce que le verbaliser ça le concrétiserait un peu trop pis sûrement que ça me ferait pleurer un petit peu. Je me suis enfilée trois shooters de Gaviscon et je me suis faite une p’tite ligne de Gravol. Demande-moi pas si ça va aller, parce que je vais être obligée de te dire que je le sais pas pis tu vas m’amener une chaudière pis je vais hyperventiler. Peu importe à quel point t’es l’homme de ma vie, je vais jamais assez t’aimer pour te jaser de mes problèmes gastriques. C’est comme ça, fais-toi à l’idée, tu connaitras jamais le feeling d’être en symbiose avec moi.

Si tu lis ces lignes, c’est que je suis correcte à l’heure qu’il est. Aux mamies frustrées par mon beat de vie, j’aurais dû vous écouter ce soir. Je vous promets de ne plus jamais recommencer. D’ici à la prochaine fois.

Je m’appelle Alexandra, j’ai 20 ans et je n’ai pas vomi.

mardi 11 février 2014

Hymne à mes SPM


Moi le mardi, je suis en congé. Des fois je suis en SPM aussi. Comme « journée de congé » est synonyme de « 24 heures à consacrer librement au non-avancement de toutes ces choses importantes que j’aurais le temps d’avancer » et que « SPM » est synonyme de « donnez-moi un sujet inoffensif que je puisse pogner les nerfs », quand les deux tombent en même temps, ça me donne une envie violente de rédiger la liste des 100 choses qui gossent le plus au monde.

1. 
Ta jalousie quand tu constates mes skills Photoshop.
2. Attendre que l'eau boue.
3. Les feuilles d'automne qu'on s'attend qu'elles fassent crounch quand on marche dessus, mais qu'elles sont molles finalement.
4. Les gens qui mettent des néons en dessous de leur char. Non. Juste… non.
5. Du blé d’Inde dans les dents.
6. Avoir les ongles d'orteils trop longs sans la motivation de les couper.
7. Avoir bavé sur son oreiller et se réveiller la face dans le Pacifique.
8. Un éternuement qui vient pas. Sérieux. Coït interrompu.
9. Low battery quand ta journée commence.
10. Des traces de pas dans la neige qui serait parfaitement uniforme sans ça. Je pense que j’ai un TOC pour ces affaires-là.
11. Le motton de poussière en dessous du lit que tu te dis que tu vas ramasser la prochaine fois que t'auras affaire en dessous du lit.
12. Avoir un cheveu sur ta balle de beer-pong.
13. Te faire caller un Buffalo, surtout quand tu bois de la Pabst.
14. Une démangeaison à un endroit que tu peux pas gratter en public de façon socialement acceptable.
15. Arriver à la période du mois, ou du trimestre, ou de l'année, dépendamment de combien t'es riche (ou malpropre), où tu dois faire ton lavage tout nu.
16. Fonds insuffisants.
17. Un inconnu qui porte un vêtement qui semble doux, mais qu’on ne peut pas toucher parce que c’est un inconnu.
18. Les fils dans les pois mange-tout qui donnent l’impression de manger des cheveux.
19. Les inconnus de nationalités étrangères qui ajoutent des Québécoises sur Facebook pour « fére la conéssense » et « partajé des idé ».
20. Tenter d’étendre du beurre froid sur du pain froid et déchirer ton pain sans étendre le beurre.
21. Oublier un spot en te rasant et t'en rendre compte plus tard, en shorts.
22. Le fond d'une bière qui t'a coûté trop cher pour que tu le laisses là.
23. Avoir envie de pipi et d’éternuer en même temps.
24. Essayer d'effacer avec la p'tite efface au bout du crayon de plomb et faire une grosse marde sur ta page parce que la p'tite efface c'est juste une décoration.
25. Te brûler la langue dans un contexte social ou le crachat chaud est inacceptable.
26. Un appel du fond de la sacoche de quelqu’un au beau milieu de la nuit. Mes comparses dont le nom commence par A comprennent.
27. Le fait que j'ai dit que c'était un top 100 et que je suis juste rendue à 27.
28. La pâte à dents Arm and Hammer qui fait un peu trop triper mes parents depuis un peu trop d'années.
29. Un casse-gueule qui rentre pas dans la bouche d'un humain normalement constitué. Tu peux juste le lécher de façon malaisante jusqu’à ce qu’il soit de taille acceptable. Pis là ta napkin te colle sur les doigts. Quel combat.
30. Une fille avec un monosourcil. Un gars aussi. Mais surtout une fille.
31. Te faire carter par un caissier plus jeune que toi au dépanneur.
32. Les mushpits quand t'as payé pour le show et que mourir n'était pas inclus dans le prix du billet.
33. Les gens qui rient comme des chèvres et qui jugent que la place idéale dans un show d'humour, c'est juste derrière toi.
34. Le feeling du lendemain de veille qu'il faudrait que tu sois nourri par soluté parce que t'as faim, mais que ton appareil digestif te crie qu’il est hors d’usage.
35. Les insignifiances vides et pseudo-profondes en guise de statut Facebook genre « Il faut garder le sourire, car la vie est remplie d'espoir et petites joies. » Non mais, une chance que t’es là.
36. Ou pire, ceux qui étalent la morosité de leur existence. « Ah ça va si mal, je ne sais pas combien de temps je vais être capable d'endurer tout cela. » Non mais, j’suis pas ta psy là.
37. Les artistes qui disent qu'on est le meilleur public de tous les temps. Sauf si c'est Éric Lapointe.
38. La fin d'un épisode de ton téléroman préféré.
39. Avoir un fou rire quand c'est vraiment pas le moment. Genre en laissant un message sur le répondeur d’un client de ta job. Raccrocher. Rappeler. Repogner un fou rire. Je parle pas d’expérience, mais c’est sûr que si ça arrivait genre à une commis du club Vidéotron de Cap-Rouge, ça serait ben plate pour elle.
40. Les personnes plus âgées sur Facebook qui sont pas au courant que le caps lock, c'est pas nécessairement permanent. « C'EST UNE TRÈS BELLE PHOTO JE SUIS FIÈRE DE TOI DE NICOLE ET RENÉ »
41. Un trou dans ta paille.
42. La première shot d'eau frette quand tu pars la douche.
43. Avoir mal au ventre le lendemain de l'Halloween.
44. Hésiter entre le parfait confort de ton lit et l’urgente envie de pipi au beau milieu de la nuit.
45. Les gens qui vivent dans une de ces villes évoluées qui permettent de tourner à droite à la lumière rouge et qui ne le font pas.
46. Le son d'un p'tit orgue électrique. Y’a tu juste à moi que ça donne des idées noires ?
47. Faire ton épicerie ailleurs que dans ton épicerie préférée.
48. Écouter le Super Bowl avec quelqu'un qui se sert de la fonction « pause » dès que quelqu'un passe un commentaire. PAS DE DIRECT, PAS DE PLAISIR.
49. Les gens qui publient des partitions sur Internet qui ont aucun espèce de rapport avec comment la vraie toune sonne.
51. Les gens qui disent qu'ils ont une « grosse grippe » et qui mouchent 2 fois dans la journée. Moi quand j'ai un « p'tit rhume », je finis la boîte de Kleenex. En trois heures.
52. Amener du beurre de peanut en camping et le trouver gelé le lendemain matin.
53. Les cyclistes qui se prennent pour des chars quand la piste cyclable est juste à côté.
54. Être en ski et avoir oublié son paquet de Kleenex.
55. Les raisins qui tombent de leur t-bar et qui font perdre du temps à tout le monde au centre de ski. J'ai déjà été un raisin. J'ai  évolué.
56. Le feeling du crayon de plomb mal aiguisé sur du papier.
57. Le goût de la tequila, dont on se souvient toujours seulement une fois qu’on l’a avalée.
58. Les gens qui parlent de leur équipe sportive favorite à la première personne du pluriel. Non, t’es pas dedans. Y’a eux et y’a toi. Arrête là.
59. Bouger discrètement sur ta chaise en classe et créer un vacarme épouvantable pour une raison obscure.
60. Les profs qui disent « les amis ». Si je deviens prof un jour, ce sera « les amis et les ennemis ». On va se dire les vraies affaires.
61. Le fait que ce soit socialement inconcevable de demander l’âge d’une femme. T’as tu déjà vu quelqu’un pouffer dans l’oreille de son ami en te pointant et en disant : « Check la madame qui a 42 ans! » Non? Ben c’est ça.
62. Pogner de quoi qui fait crounch dans ton lunch quand c’est pas supposé arriver.
63. Passer d’un milieu froid à un milieu chaud en portant des lunettes.
64. Être à la lumière rouge. Voir que le bel homme de la voiture d’à côté te fait de l’œil. Repartir. Staller.
65. Manger des moules en essayant de rester propre.
66. Se réveiller pendant un rêve parfait.
67. Avoir un bouton dans l'oreille. Sont toujours 14 fois plus gros dans l'oreille.
68. Manger son hamburger et toujours finir avec 3 fois plus de garniture que de pain.
69. Être habillé chic et se cracher de la pâte à dents dessus. Surtout si c'est de la Arm and Hammer.
70. Les parents qui laissent leur enfant faire une crise en public. Moi, quand je posséderai de la progéniture, je laisserai pas faire ça. Je vais y aller d’un très soft « Arrête tout de suite » avec un léger temps d’ajustement, suivi d’un « T’es privé de dessert pour tout le mois de décembre ». Y’en aura plus de crises.
71. Recevoir un appel pendant que tu trônes.
72. Brûler un grilled-chesse.
73. Frencher quelqu’un et avoir l’impression de t’être pogné la langue dans un ventilateur.
74. Ne pas entendre le cliquetis de la poussière en passant l'aspirateur. Avoir l’impression de torcher un plancher déjà propre.
75. Écraser une bibitte qui fait crounch ou splouch. Splouch c’est pire, je pense.
76. Pogner un motton dans ton verre de lait.
77. Transformer ton rasage de jambe en boucherie.
78. Un wedgy en public.
79. Le goût du lait combiné à celui de l’ananas.
80. Écrire le mot millilitre.
81. Lire le mot millilitre. Sans faire une crise d'épilepsie.
82. Envoyer un message à ton chum qui ne devrait pas être lu par quelqu'un d'autre (TSÉ) et te tromper de destinataire.
83. Les duck faces.
84. Le feeling que t’as envie de te gratter dans l’oreille pis dans gorge en même temps, mais que tu peux pas dire où ça pique exactement.
85. Pousser une porte qu’il faut tirer.
86. La gigantesque toile avec un fucking trait de crayon de plomb affichée au Musée du Québec. Peu importe ce que t’en penses, ce n’est pas de l’art et j’ai raison bon.
87. Les gens qui comprennent pas que même sur un trottoir, on croise à droite.
88. Le gars du Normandin qui m’a dit que c'était impossible de commander une pizza dont juste le quart serait recouvert d'olives. Aux dernières nouvelles, c’était possible d’aller sur la lune.
89. Des bruits bizarres quand t'es tout seul chez toi.
90. Les premières parties de show qui finissent plus.
91. Une poignée de main molle.
92. Le fait que l'asphalte devienne tellement plus doux quand tu traverses la frontière de l'Ontario ou des États-Unis.
93. Les femmes qui se maquillent au volant.
94. Toutes celles qui ont de la classe en talons hauts. Ça c'est juste de la jalousie. Le problème vient de moi, je sais.
95. Marcher de façon déterminée et réaliser que t’as oublié de quoi dans la direction inverse. Ne pas savoir quelle attitude adopter en revirant de bord. Y aller avec désinvolture genre « J’ai oublié de quoi, ouin pis t’es qui pour me juger? », user de non-verbal en faisant comprendre à la terre entière qui s’est clairement retournée pour t’observer que « Sapristi que j'suis étourdie, j'ai encore fait un oubli! » en te tapant violemment la tête comme un cartoon et en émettant un petit rire très awkward, ou n’adopter aucune attitude particulière et donner l’impression à ton nouveau public captif que tu fais souvent ça, un 180 brusque et sans but apparent? D’une façon ou d’une autre, t’as pas l’air très cool.
96. Les films expérimentaux encensés par la critique, mais incompris du commun des mortels.
97. La marche invisible en haut d'un escalier.
98. Forcer pour ouvrir un pot et que la deuxième personne qui essaie réussisse instantanément.
99. La prof de mon cours de sexualité qui a dit très sérieusement devant tout le groupe que mon grand-père fourrait sûrement des vaches vu qu'il était fermier. Non mais tsé, ta yeule là.
100. Marcher avec une boîte à lunch en main en sachant pertinemment que tu perds automatiquement 85% de ton sex appeal.

Maintenant que je suis défoulée, je voudrais souligner que je suis contente d’avoir parlé de mon cycle menstruel ainsi. On tisse des liens, c’est l’fun, bye là!

jeudi 6 février 2014

La fois où j'étais dans une secte


Une fois, vers l’âge de 16-17 ans, je me suis réveillée en prenant soudainement pleinement conscience que je POUVAIS étudier en cinéma au Cégep si ça me tentait. 6 mois plus tard, j’étais hipster.

Non, c’est pas tout à fait vrai. J’ai jamais arrêté d’écouter Éric Lapointe, ni de détester 98% des films d’auteurs, mais c’est quand même vrai que j’ai traversé une passe où la société avait tort de penser que mes pantalons Aladin à motifs étaient juste une passe. Juste avant que la société commence à avoir raison, j’ai décidé de partir sur un coup de tête en roadtrip à l’autre bout de la terre La Tuque avec deux acolytes aux pantalons du même style, à la recherche de mon moi-je intérieur et profond, dans un genre de rassemblement hippie dans le fin fond du boute du bois dont on avait vaguement entendu parler.

C’est pas évident de mettre des mots sur l’expérience qu’on a vécue là-bas, mais une chose est sûre, c’est que j’étais pas prête pantoute. « Une infinie série de malaises listés ci-bas » serait certainement la meilleure façon de résumer mon séjour.

1. Faire la rencontre d’un genre de chaman et de son bâton plumé. Apprendre que 1 : il se torche les fesses avec l’eau d’une théière miniature et sa main gauche lorsque nécessaire et que 2 : on est tout bonnement atterri dans une, selon ses propres mots, secte. Nice shit.

2. Traîner ma guitare au bord du feu en me disant que je trouverai certainement des partenaires pour chanter Embarque ma belle avec moi. 20 minutes de chants d’incantation à la Terre-Mère sur trame de flûte de pan plus tard, décider de laisser faire Kaïn si je tiens à mon confortable état de non-lapidation.

3. Nous faire suggérer de purifier notre âme par le chaman qui a surement perçu toute notre saleté intérieure. Me sentir aussi à l’aise que toutes les autres fois dans ma vie où un inconnu a proposé de purifier mon âme mais dire ok pareil parce que je pense que j’ai pas trop le choix. Me faire emboucaner en me faisant dire que je vais sentir la différence dans le fond de mon être immédiatement. Faire une crise d’asthme dans le fond de mes poumons.

4. Marcher 2 km pour aller faire pipi en paix, parce que l’espèce de tranchée où tout le monde fait caca un derrière l’autre, sur tous les cacas des autres, ça me fait plus ou moins tripper.

5. Réaliser le plein potentiel capillaire corporel dont je pourrais bénéficier si je ne m’abaissais pas au vil usage du rasoir.

6. Participer à une prière de « aoum » collectifs à la Terre-Mère avant un repas. Après 4 minutes, constater que les chances que je ne perturbe pas la vibe d’un incontrôlable fou rire décroissent drastiquement chaque seconde. Perturber la vibe.

7. Nous mériter un « Décalissez » en lettres de poussière dans la vitre arrière de notre voiture, parce qu’on l’a stationnée à la vue de tous et que ça rappelle trop à la communauté qu’on est pas au Moyen-Âge pour de vrai.

8. Me faire tasser du bord du feu par un gars qui m’explique qu’avant que je ne m’asseye, il doit en faire le tour trois fois en agitant son bâton pour qu’il ne s’éteigne pas. No shit Sherlock. Comprendre pourquoi mes feux à moi pognent pas.

9. Voir plus d’organes génitaux en quarante-huit heures que Ron Jeremy dans toute sa carrière.

On a fini par quitter notre secte deux jours plus tard.

Conclusions :

1. Je ne suis pas hippie.
2. Le ressourcement, ça marche pas avec moi.
3. Je ne possède pas de moi-je intérieur profond.