mercredi 8 avril 2015

Le blues de la (presque) diplômée


Fait que c’est ma dernière fin de session à vie, pis je ressentais le besoin de faire comme 100% de la population de blogueurs (Ouais, moi j’suis blogueuse. 14 mois de carrière. 6,42$ en clics publicitaires. Beat dat.) et rédiger un article sur la fin de session, parce qu’à la prochaine fin de session, je ne pourrai que m’exprimer de manière distante, froide et adulte. Je viens de vomir un peu dans ma yeule.

Je check ma photo de finissante pis j’ai comme mal à vie. J’ai le mortier nostalgique. Mortier. Tu parles d’un criss de mot plate. Y disent que c’est le début de la vraie vie pis le principal symbole s’appelle un fucking MORTIER.

Reste que c’est vrai pareil, que la graduation c’est la mort et le deuil de ben des affaires.

En commençant par 1. Le deuil de l’immaturité.

Mais ça j’y crois pas tellement. C’est pas un papier de plus à ton dossier qui fait de toi une personne mature. La différence c’est que là tu dois faire semblant de l’être. Pis faire semblant de sourire pendant deux minutes ça fait mal à face comme rien au monde donc je sais pas où se trouve le siège de la douleur de l’immaturité mais j'suis pas mal sûre que cet endroit sera douloureux longtemps.

2. Le deuil de la douceur de ben des joues.

Parce que avoue que même si t’étais au courant que c’était un peu fake, t’aimais ça arriver au pub le jeudi soir et faire la bise à 50 millions de paires de joues de ton bac dont tu connaissais plus ou moins la vie. Y’a des paires de joues qui t’ont sûrement plus accroché que d’autres, pis celles-là tu risques de t’y frotter encore un bout de temps, mais faut que tu te fasses à l’idée que la grande majorité n’étaient rien de plus que des petits flirts de joues sans lendemain. Oui, c’est tough.

3. Le deuil de ta langue.

Parce que frencher 4 gars de ton bac dans l’année, ça passe, mais 4 gars de ton bureau de 12 employés, bof. Fait que case-toi vite, fille, y te reste deux semaines. (Moi c’est fait, bouya ‘sti.)

4. Le deuil du hangover semainier.

Parce que c’était ben funny de comparer tes cernes pis ton haleine de robine avec ta gang de foireux le mardi matin en classe, mais pas sûre que ton patron la trouve aussi funny avant ton direct à Radio-Canada ou ton Skype avec le premier ministre. Ouin, j’ai de l’ambition.

5. Le deuil du Kraft Dinner.

Parce que là t’as juste pu d’excuse pour t’alimenter comme le Gange.

Tsé on chiale, mais y’a des deuils qui vont être moins tough que d’autres. Parce que tu t’ennuieras peut-être pas tant que ça des fins de session comme en ce moment qui te donnent envie de tout lâcher et vendre ton corps. C’est peut-être un peu ça, au fond, le trip de graduer. Posséder encore tous les copyrights sur ton corps. Avec un diplôme pour le prouver.

Fait que je m’appelle Alexandra Larochelle pis j’me cherche une job là.

lundi 12 janvier 2015

CRISSDEFOLLE


J'ai un problème. Quand tu me croises au party avec mon hoodie trop grand pis ma Bud pas light tu le vois probablement pas. Tu me croiras pas, mais j'suis TELLEMENT une fille. J'te jure. Pas besoin d'un string dans l'dos ni d'une grosse craque de boules pour être atteinte. J'ai pas de boules anyway. Mais j't'une fille pareil pis vu qu'on a déjà établi que ça devenait problématique quand une fille est en peine d'amour, tu dois aussi te douter que c'est pas nécessairement plus soft quand elle tombe en amour.

Tomber en amour, ça se passe en sept étapes, parce que l’amour c’est logique et chronologique, tout le monde sait ça.

1. C'est l'étape de la rookie-junkie. Ça dure aussi longtemps que possible. Y’a pas de quoi s’énarver. Tu tripes pas tant sur lui de toute façon. « J’arrête quand j’veux. » ‘Sti que t’es chill dans vie.

2. T’arrêtes encore quand tu veux, mais tu commences à aimer le buzz pis à réaliser à des moments random que t’aurais peut-être besoin d’un fix, genre à deux heures du matin quand tu viens de vraiment-pas-rêver-à-lui-wtf-de-quoi-tu-parles.

3. Tu sais pas exactement quand ni comment s’effectue le switch, mais le switch s’effectue. Y t’a payé la poutine au Valentine avec une bouteille de vin de dép, t’a cuisiné de la pizza congelée ou t’a aidée à déboucher-ton-évier-ark-ark-ark juste une fois de trop. That’s it. T’arrêtes pus quand tu veux. T’as chaud pis t’aimes un peu trop ça. T’es dans marde, fille.

4. L'étape suivante est taboue car traumatisante. Tu l'as reconnue, je parle la phase de la CRISSDEFOLLE. La CRISSDEFOLLE qui te fait halluciner la vibration de ton téléphone. Qui te réveille à 3h du matin pour te noyer de honte de la fois où t’as eu un rire vraiment laid devant lui trois semaines avant. Qui te set un délai pour qu’il réponde à ton message, après quoi tu vas tout abandonner pis y’aura raté sa shot tant pis c'est toute. Qui te fait immanquablement repousser ton délai d'une heure ou douze juste parce-que-parce-que-parce-que. Qui te fait VÉRIFIER L'HEURE DE SA DERNIÈRE CONNEXION QUAND IL RÉPOND PAS. AYOYE fille, t'es pas ben. J’t’ai tu dit que y'avait jugé ton rire laid l’autre fois? Tu te comprends pus. Tu penses que t’es débile, pis dans les faits c'est un peu ça. Enwèye, un autre texto, c'est le dernier promis-juré. By the way, son ex est réellement plus belle que toi.

5. Cette étape-là survient en alternance avec la précédente. Parce que tu peux pas badtriper 24/7, ta CRISSDEFOLLE péterait au frette. C’est l'étape du fix émotif, quand y te serre dans ses bras avec toute sa force de déboucheur d’évier, t’es correcte pour un gros quart d’heure après. Jusqu’à ce que tu te rappelles que c’est vrai que ton rire était crissement bizarre ce jour-là.

6. T’as la CRISSDEFOLLE plus calme. Parce qu’à force qu'y t'invite spontanément et sans prédilection au cinéma tous les mardi soirs, qu'y te laisse jouer sur sa session de NHL et qu'y fasse semblant de t'avoir attendue dans Game of Thrones, ta CRISSDEFOLLE manque d’arguments et accepte que ses nouvelles amies filles sur Facebook soient peut-être pas systématiquement des salopes.

7. C’est nice. C’est juste nice. Ta CRISSDEFOLLE est sul' chloroforme, pis ça aussi, t’essaies que ça dure aussi longtemps que possible.

Au chloroforme.
Cheers.