Fait que c’est ma dernière fin de session à vie, pis je ressentais
le besoin de faire comme 100% de la population de blogueurs (Ouais, moi j’suis
blogueuse. 14 mois de carrière. 6,42$ en clics publicitaires. Beat dat.) et
rédiger un article sur la fin de session, parce qu’à la prochaine fin de
session, je ne pourrai que m’exprimer de manière distante, froide et adulte. Je
viens de vomir un peu dans ma yeule.
Je check ma photo de finissante pis j’ai comme mal à vie. J’ai le
mortier nostalgique. Mortier. Tu parles d’un criss de mot plate. Y disent que
c’est le début de la vraie vie pis le principal symbole s’appelle un fucking
MORTIER.
Reste que c’est vrai pareil, que la graduation c’est la mort et le
deuil de ben des affaires.
En commençant par 1. Le deuil
de l’immaturité.
Mais ça j’y crois pas tellement. C’est pas un papier de plus à ton
dossier qui fait de toi une personne mature. La différence c’est que là tu dois
faire semblant de l’être. Pis faire semblant de sourire pendant deux minutes ça
fait mal à face comme rien au monde donc je sais pas où se trouve le siège
de la douleur de l’immaturité mais j'suis pas mal sûre que cet endroit sera
douloureux longtemps.
2. Le deuil de la douceur
de ben des joues.
Parce que avoue que même si t’étais au courant que c’était un peu
fake, t’aimais ça arriver au pub le jeudi soir et faire la bise à 50 millions
de paires de joues de ton bac dont tu connaissais plus ou moins la vie. Y’a des
paires de joues qui t’ont sûrement plus accroché que d’autres, pis celles-là tu
risques de t’y frotter encore un bout de temps, mais faut que tu te fasses à
l’idée que la grande majorité n’étaient rien de plus que des petits flirts de
joues sans lendemain. Oui, c’est tough.
3. Le deuil de ta langue.
Parce que frencher 4 gars de ton bac dans l’année, ça passe, mais 4
gars de ton bureau de 12 employés, bof. Fait que case-toi vite, fille, y te
reste deux semaines. (Moi c’est fait, bouya ‘sti.)
4. Le deuil du hangover
semainier.
Parce que c’était ben funny de comparer tes cernes pis ton haleine
de robine avec ta gang de foireux le mardi matin en classe, mais pas sûre que
ton patron la trouve aussi funny avant ton direct à Radio-Canada ou ton Skype
avec le premier ministre. Ouin, j’ai de l’ambition.
5. Le deuil du Kraft
Dinner.
Parce que là t’as juste pu d’excuse pour t’alimenter comme le Gange.
Tsé on chiale, mais y’a des deuils qui vont être moins tough que
d’autres. Parce que tu t’ennuieras peut-être pas tant que ça des fins de
session comme en ce moment qui te donnent envie de tout lâcher et vendre ton
corps. C’est peut-être un peu ça, au fond, le trip de graduer. Posséder encore
tous les copyrights sur ton corps. Avec un diplôme pour le prouver.
Fait que je m’appelle Alexandra Larochelle pis j’me cherche une job
là.

