mardi 11 mars 2014

Les premières fois que je réécrirais

Ma vie est un film. Un film de filles où le téléphone sonne juste avant un premier baiser. Une comédie clichée où la musique arrête au moment où je crie de quoi de vraiment gênant. Un thriller à petit budget qui se passe toute à l’hôpital. Un mélodrame où chaque fois que je vis un grand moment, la vie trouve un moyen de me scrapper ça à grands coups de fuck my life. Voici, en ordre chronologique, le top 10 des grands moments scrap de ma vie.


FML #1. J’ai compris que j’étais prédestinée à une série de grands moments scrap le 5 mai 1993 dernier. Ma naissance a probablement été le moment le moins glorieux de ma vie. Je suis née bleue et de sucroît, n’ayons pas peur des mots, dans un tas de marde. Shit happens.

FML #2. La première fois où j’ai fait une déclaration d’amour au primaire, remplie de passion, d’espoir et d’étoiles dans les yeux. J’ai fait un p’tit saut quand le gars a vomi.

FML #3. Mon premier slow à vie à 11 ans où mon partenaire a fixé la chix sur qui il trippait qui frenchait le mec sur qui je trippais tout le long. Tsé le genre de scénario pas awkward du tout dans l’ensemble.

FML #4. La fois où un gars m’a pris la main pour la première fois à 14 ans. Je l’aimais. C’était beau et doux. Tellement que j’suis partie à brailler drette là. Y paraît que je mets le monde à l’aise, dans vie.

FML #5. Mon premier baiser à 15 ans, où j’ai empêché le gars de mettre la langue parce que je voulais « prendre mon temps dans la relation ». J’ai marqué le 22 novembre 2008 dans mon agenda scolaire de la mention « A night to remember ». Parce que j’étais cute et bilingue comme ça.

FML #6. La première fois où je suis sortie dans un bar à 16 ans. Je me sentais comme dans Gossip Girl version Ozone Laurier. J’ai refusé que l’homme de ma vie me paye un verre parce que j’avais « déjà pris une bière et qu’il faudrait pas que je rentre saoule chez moi pis ta yeule j’ai tellement 18 ans t’as trop pas rap’ ».

FML #7. LA fameuse première fois. Beaucoup d’amour et de tendresse. Sur un matelas recouvert d’une serviette de plage que ma mère m’avait aidée à installer le jour-même pour éviter de le tacher de sang tsé-j’suis-genre-full-à-l’aise-de-raconter-ça-j’me-demande-vraiment-pourquoi-j’le-dis-en-fait.

FML #8. Le lendemain de cette fois-là où c’était ma remise de diplôme du secondaire. Porter la toge, le mortier et me faire appeler par mon nom pour clôturer en grandes pompes cinq belles années qui allaient me manquer. Avec une gigantesque sucette dans le cou.

FML #9. Ma première journée de Cégep où je me sentais enfin comme une personne à part entière maintenant que j’avais terminé mon éducation de base. Et où j’ai attendu mon autobus direct pendant 1h30 du mauvais bord de la rue, pour finalement me résigner à téter un lift à papa en tant que personne à part soudainement moins entière. Je dirai pas que j’ai fait ça trois jours de suite avant de comprendre le système voulant que l’autobus te dépose d’un côté et te ramasse de l’autre, parce que ça contribuerait pas full à mon capital de coolitude, right?

FML #10. La fois où je suis partie seule en voyage. L’accomplissement d’un rêve depuis plusieurs années. Le sentiment d’être invincible et prête à tout découvrir. Crise d’hypoglycémie dans l’avion. Black out. Me réveiller dans les bras d’un agent de bord qui m’a attrapée en plein vol plané vers mon crash corporel. « Salut, j’ai faim et je prendrais mon souper là-là. »

J’ai arrêté de vivre des grands moments ce jour-là parce que tout compte fait, les grands moments c’est de la marde.

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